Sport et Citoyenneté

A la veille du match de football opposant l’Equipe de France à l’Albanie, ce ne sont pas les joueurs qui font la une !

Tony Parker fût l’invité hier de Laurence Ferrari à 20h sur TF1, à une heure de grande audience. Alors pourquoi cette grande chaîne a-t-elle fait ce choix là ? Penser qu’il s’agit juste d’une stratégie pour médiatiser un sport qui est un peu délaissé par rapport au football serait trop candide. Envisager que TF1 a juste voulu mettre en lumière les valeurs saines du sport, en opposition à l’image de l’équipe de France de football qui est ternie par son manque de résultat et par les frasques de certains joueurs, serait aussi trop facile. Alors peut-être que recevoir une star très médiatisée pourrait aider TF1 à remonter son audience. En tous cas, TP a su saisir cette opportunité pour faire parler du basket français.

Comme l’avaient précédemment fait Boris Diaw ou encore Nicolas Batum, même en pro B, Tony Parker a annoncé que durant le lockout (grève patronale aux Etats-Unis), il évoluerait dans son club de pro A à l’ASVEL. Club, dans lequel il s’est déjà investit depuis quelques années, puisqu’il en est le premier actionnaire (bien qu’il ne perçoive pas de dividendes) et le directeur général des opérations Basket.

Ce choix, il ne l’a pas fait pour l’argent « je paye mon assurance (190 000€ jusqu’en décembre) et je joue pour le smic du basket français (1 500 euros par mois). Sinon, je serais parti en Chine ou à Barcelone. », confiait-il aux journalistes de sports.fr. Il faudra repayer cette assurance pour les trois mois suivants si la saison 2011-12 de la NBA était annulée. Et cela alors que, sous contrat avec les Spurs jusqu’en 2015, le meneur des Bleus ne reçoit plus rien de la franchise américaine pendant le lockout. Un beau geste est à nuancer puisque le joueur de 29 ans continue à toucher beaucoup d’argent grâce à ses contrats publicitaires et ses sponsors.

L’ASVEL, c’est donc un choix de cœur et aussi une opportunité pour TP de rendre à la France tout ce qu’elle lui a pu lui apporter durant sa formation, notamment à l’INSEP. Il souhaite aussi se rapprocher de l’équipe de France, avec laquelle il a déjà obtenu une médaille d’argent aux championnats d’Europe et avec laquelle il vise haut pour les Jeux Olympiques à Londres en 2012.

Cette année, Tony Parker a donc a revêtu la casquette de joueur, de meneur, pour faire part de son expérience de dix années en NBA à une équipe jeune et ambitieuse. Certes « il faudra un temps d’adaptation », s’expliquait Tony Parker, « Il va falloir trouver un équilibre, trouver un juste milieu comme avec les Bleus. En équipe de France ça a pris du temps mais ça a porté ses fruits. Avec l’ASVEL aussi. » Son futur objectif : la présidence d’ici dix ans. Preuve de l’investissement sur le long terme de Tony Parker au basket français.

Espérons que Tony Parker pourra apporter la médiatisation bien méritée du basket français, tant par son niveau de jeu que par les valeurs qu’il véhicule ; valeurs désintéressées, non dictées par l’appel du gain.

Plus d’information sur le lockout dans l’analyse de Julian Jappert, directeur du think tank Sport et Citoyenneté, et Loïc Alves, chargé de mission dans le Cercle des Echos : « Le dialogue social dans le sport nord-américain : un modèle en crise?»

 

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