Sport et Citoyenneté

Le port du voile est plus qu’au cœur de tous les débats quelques jours avant le début des JO de Londres. Encore une fois, les avis se partagent concernant les lois à appliquer en matière d’autorisation ou non du port du voile.

 


Un arbitre de football féminin pose son véto

C’est pour le match de promotion honneur opposant Narbonne à Petit-Bard Montpellier, que l’arbitre a refusé donner le coup d’envoi. Certaines joueuses portant le voile, l’arbitre a tout simplement choisi d’appliquer le règlement à la lettre et d’annuler le match. Il a émis une réserve sur la feuille de match et transmis un rapport à la Ligue de Languedoc-Roussillon, qui décidera de faire rejouer le match ou de déclarer un vainqueur. Souhaitant malgré tout jouer la rencontre, Narbonne a remporté le match amical 7 à 6.

Que dit la loi ?

Aussi bien la règle 51 de la Charte olympique ou la loi 4 de la FIFA interdisent toute forme d’expression politique ou religieuse sur les terrains de sport. Néanmoins, la loi interdisant le port de signes religieux ostensibles en France ne concerne pas les instances sportives.

Les règlements ont tantôt penché pour un côté ou l’autre de la balance. Le CIO autorisait en 1996, aux JO d’Atlanta, l’entrée dans l’enceinte olympique d’une athlète voilée sur l’intégralité de son corps. Suite à cela, s’appuyant sur la loi 4 de son règlement, la FIFA décida d’exclure l’équipe iranienne de football des JO de la jeunesse à Singapour en 2010. Mais malgré tout, les enjeux politico-économiques rendent très difficile le respect des textes de loi en la matière. Suite à des pressions, la FIFA affirmera lors d’un séminaire à Amman en Jordanie en 2011, suite à une requête du vice-président de la Fifa, le Prince Ali Bin Al Hussein, frère du roi de Jordanie, que le hijab “n’est pas un signe religieux mais un signe culturel” et par conséquent qu’il ne va pas à l’encontre du règlement. Cette conclusion a ensuite été approuvée par la Commission exécutive de la FIFA à Tokyo, en décembre 2011. L’ IFAB (International Football Association Board) a accepté début mars, le port du voile par des footballeuses dans le cadre de compétitions organisées par la FIFA. Le règlement devrait être modifié l’été prochain.

(Voir la tribune « Le voile islamique va-t-il faire son entrée officielle dans le sport? », par Annie Sugier, Anne-Marie Lizin, Linda Weil-Curiel, Ligue du droit international des femmes, Lemonde.fr)

Et vous qu’en pensez-vous ?

Deux grands courants s’opposent :

1/ celui qui affirme qu’autoriser le port du voile dans l’enceinte sportive est une avancée pour les femmes qui habituellement n’ont pas accès au sport. Cela permettrait aux femmes de s’émanciper peu à peu, de gagner en liberté en ayant le droit de pratiquer les mêmes activités sportives que les hommes.

2/celui qui soutient que le port de l’hijab n’est pas acceptable la sphère sportive en vue des règlements et des lois qui stipulent que « toute forme d’expression politique ou religieuse sur les terrains sur les terrains de sport est interdite ». En plus de cela, les femmes sont souvent contraintes de porter le voile, ce qui est une atteinte à leur liberté et à leurs droits. Et si toutefois, elles participent à ces manifestations, leurs tenues peu propices à la pratique du sport leur ôtent toute chance de victoire. Enfin, l’autorisation du port du voile dans le sport mettrait en danger toutes les femmes qui refusent de le porter. (voir les 7 impératifs de la LDIF)

Sport et Citoyenneté ouvre le débat et vous invite à réagir sur ce sujet brûlant !

 

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