Sport et Citoyenneté


Aya Cissoko est une boxeuse talentueuse, championne du monde de boxe française et anglaise. Actuellement en formation à Sciences Po Paris, elle vient également de publier un livre autobiographique « Danbé » avec Marie Desplechin. Cette championne, au caractère bien trempé et à la réflexion bien posée, revient sur son parcours et défend ardemment son combat pour l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes.

Vous avez commencé la boxe à huit ans. Qu’est-ce qui vous a orientée vers cette discipline ?
AC : C’est avant tout un hasard. J’ai emménagé très jeune dans le 20e arrondissement de Paris et ma mère, qui travaillait le soir, avait besoin que l’on s’occupe, mes frères et sœurs et moi. Elle ne voulait pas que l’on traîne. Le sport devient alors un bon moyen de savoir où l’on est. Elle nous inscrit alors à toutes les disciplines proposées par l’école en temps périscolaire : judo, tir à l’arc, volley-ball, athlétisme et boxe. L’écrémage va ensuite se faire par rapport à l’emploi du temps scolaire.

Qu’est-ce qui vous a conduit à vous investir pleinement dans la boxe ?
AC : La boxe, c’est une question de tempérament. J’avais besoin de la boxe pour extérioriser tout ce qui ne se dit pas. C’est un réel exutoire. La boxe, c’est l’école de la vie, elle permet d’affronter tous les problèmes du quotidien et de se forger un caractère. Mais la vie de tous les jours est plus difficile. En boxant, on apprend à recevoir et à éviter les coups. Les coups de la vie, on ne les voit pas venir. Je suis quelqu’un de plutôt peureux et si j’arrive à aller au combat même la boule au ventre, la vie je pourrais l’affronter de la même manière.

A quel moment avez-vous choisi de vous investir dans un nouveau challenge et de pratiquer la boxe anglaise ?
AC : J’ai commencé la boxe anglaise en 2005 et la compétition en 2006, après avoir été titrée en boxe française. J’ai eu la chance de pouvoir performer également dans cette discipline avant de me blesser et ainsi de pouvoir donner une nouvelle dimension à ma carrière et me challenger.

N’a-t-il pas été difficile de vous intégrer dans un milieu masculin, tout en gardant votre identité féminine ?
AC : Il faut distinguer la boxe française et la boxe anglaise. La boxe française, avec laquelle j’ai commencé, est vraiment ouverte à la mixité. Par contre, la boxe anglaise est un milieu très misogyne. C’était vraiment flagrant. Quand je suis arrivée pour la première fois dans la salle de boxe, mon entraineur ne faisait pas attention à moi. Il me l’avoua plus tard, mais en fait il me regardait tout de même du coin de l’œil. Il se disait que la boxe était suffisamment dure pour un homme, alors il n’y avait pas de raison de faire subir une telle discrimination. Pour moi, l’essentiel était de ne pas perdre de vue mes objectifs, de ne montrer des signes de faiblesses à aucun moment et de faire en sorte qu’il ne puisse y avoir de distinctions possibles entre un homme et une femme.

Vous aviez donc les mêmes traitements que vos homologues masculins ?

Lire la suite sur www.sportetcitoyennete.com

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn0
Author :
Print