Manipulation des résultats sportifs et blanchiment d’argent : l’EPAS en action

Posted by sportetcitoyennete on 13/12/12

C’est dans les locaux du Conseil Economique et Social Européen (CESE) à Bruxelles qu’était organisé mardi 11 décembre 2012 un séminaire technique sur la manipulation des résultats sportifs et le blanchiment d’argent. Retour sur cet événement, auquel Sport et Citoyenneté a participé.

Quelques jours après le Conseil des ministres des sports, l’Accord Partiel Elargi sur le Sport (APES – Organe du Conseil de l’Europe, CoE) et la présidence chypriote de l’Union européenne, invitaient experts et autorités publiques à venir débattre de ce fléau qui menace de manière quotidienne l’intégrité du sport.

Opérateurs de paris en ligne, autorités publiques, loteries, autorités et agences de régulation… Réunissant toutes les parties prenantes, l’EPAS a placé les travaux de la journée sous l’angle de la manipulation des résultats sportifs et des potentiels risques de blanchiment d’argent liés à cette activité.

C’est dans le cadre des activités du CoE et plus particulièrement de l’élaboration d’une convention internationale dans le but de renforcer la coordination et la coopération dans ce domaine que l’EPAS entendait mobiliser. La réunion devait notamment servir de base pour nourrir la réflexion du groupe de travail chargé de rédiger la convention dans les prochains mois.

Les discussions ont mis en lumière la déception des acteurs du secteur, qui déplorent, entre autres, le résultat de la réunion du Conseil des ministres en charge des sports. L’impossibilité d’atteindre l’unanimité et d’adopter les conclusions de la présidence chypriote concernant la manipulation des résultats sportifs met à mal les efforts de cette dernière dans la lutte contre la corruption en général, thématique placée comme une des priorités dans leur agenda.

Néanmoins, chacun est conscient de l’urgence du phénomène. Un phénomène insidieux et difficilement palpable. Surtout, les acteurs clés du secteur présents autour de la table s’accordent sur le fait que le problème n’est pas uniquement européen et qu’une avancée régionale ne ferait que déplacer le problème. D’où l’intérêt d’une approche globale et intégrée par le biais d’un acte juridique de portée internationale.

La volatilité du phénomène et le manque de pertinence des données statistiques, combinés à un contexte juridique favorable et largement différent d’un Etat membre à l’autre, rendent difficile le travail des autorités de régulation, de police et de justice.

Les présentations des participants font ressortir un sentiment général de frustration et de manque de volonté politique. « A l’heure où nous discutons, les réseaux mafieux et criminels qui ont investi le secteur du sport se frottent les mains. Pendant que nous glosons et analysons le phénomène, il continue de se répandre », note un expert.

L’appel est lancé de manière nette au secteur privé afin qu’il s’investisse également pleinement dans cette lutte, aux côtés des opérateurs et loteries, et des autorités publiques compétentes.

Le sport fait aujourd’hui face à des réseaux criminels transnationaux organisés. Il faut donc une réponse transnationale et organisée, permis notamment par un échange de données et de bonnes pratiques. D’où la volonté de rédiger la convention pour la présenter à ratification par les Etats membres d’ici l’automne 2014.

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