Sport et Citoyenneté

Le sénat vient de rendre public les conclusions de la commission d’enquête sur l’efficacité de la lutte contre le dopage. Le rapport d’information du député PS et rapporteur Jean-Jacques Lozach était très attendu car il dévoile des noms de cyclistes ayant eu recours à l’EPO en 1998. Néanmoins, le rapport ne se résume pas au dopage dans le cyclisme. Il s’attache à faire un bilan général de l’efficacité de la lutte contre le dopage dans tous les sports.

Pour Jean-Jacques Lozach, l’objectif du rapport est clair : “La commission a pour ambition de faire un état des lieux précis et circonstancié, à la fois des pratiques dopantes et de notre politique publique en matière de lutte contre le dopage, afin de dégager des solutions consensuelles permettant de renforcer l’efficacité de cette politique publique”

Les contrôles ont un temps de retard sur le dopage

Et pour réaliser cette étude, 86 personnes à l’expertise diverse en matière de dopage ont été auditionnées par la commission d’enquête. Parmi les interrogés, on retrouve notamment Patrick McQuaid, président de l’Union Cycliste Internationale (UCI), Laurent Jalabert, ancien coureur cycliste, Jean Pierre de Mondenard, médeçin du sport et spécialiste des questions de dopage ou encore Bernard Ansalem, président de la Fédération Française d’Athlétisme (FFA).

Le rapport fait état des difficultés de la France en termes de politique antidopage à cause du temps de retard des contrôles sur le dopage. Les raisons de ces difficultés sont montrées du doigt par le rapport. Les pouvoirs publics auraient une connaissance trop faible des produits dopants; la politique préventive face au dopage serait trop timide et mal ciblée; le laboratoire d’analyse français aurait des lacunes en matière de recherche et la répartition des compétences pour la prise de sanction ne serait pas assez claire.

Les sept piliers indispensables à la lutte contre le dopage

Pour remédier à ces difficultés le rapport cite 7 piliers indispensables à la lutte contre le dopage. Le premier pilier réside dans la connaissance qui évite une sous-évaluation des pratiques de dopage dans le sport. La prévention, deuxième pilier, devra être redynamisée et viser des cibles claires. Le troisième pilier basé sur le contrôle pourra mettre l’accent sur la qualité plus que sur la quantité avec la multiplication des contrôles inopinés. La précision de l’analyse des contrôles, quatrième pilier, apparait comme indispensable au rapporteur et passe par un investissement des laboratoires dans la recherche. Le Cinquième pilier réside sur la sanction qui doit être uniforme et prononcée par un organisme indépendant. Le sixième pilier de la pénalisation pourrait être amélioré si les dispositifs juridiques sont simplifiés. Enfin le dernier pilier vise à renforcer la coopération entre les pays européens dans la lutte contre le dopage.

Afin de renforcer l’efficacité de la lutte contre le dopage à chacune de ces étapes, le rapport énonce 60 propositions. Il s’agit par exemple de financer les études épidémiologiques afin d’avoir une meilleure connaissance des pratiques dopantes et des risques sanitaires encourus. Dans le cadre des analyses, il est proposé que soit élargi le champ des substances recherchées quitte à diminuer le nombre d’analyses. Enfin, on peut relever la proposition visant à la mise en place d’un mécanisme de repentis pour améliorer l’efficacité générale de la lutte antidopage qui passe par la modulation des sanctions des sportifs en fonction des éléments fournis.

Autant de possibilités de mesures à mettre en place pour la lutte contre le dopage en France…

Plus d’information

Le rapport

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