Sport et Citoyenneté

Par Timothée Louette, Chargé de mission, Think tank Sport et Citoyenneté

Selon le Baron Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux Olympiques modernes, ceux-ci constituaient « l’exaltation solennelle et périodique de l’athlétisme mâle avec […] l’applaudissement féminin pour récompense.» (1912) Aujourd’hui, plus d’un siècle plus tard, les femmes ont clairement franchi la ligne qui sépare le spectateur du joueur, ou devrait-on dire la spectatrice de la joueuse. Cependant, la place qu’occupent les femmes dans le monde du sport, en tant que joueuses ou entraîneures, reste encore trop marginale. Une exclusion historique de jure et de facto qui tend à s’atténuer au gré des prises de position institutionnelles, des bonnes pratiques et des échanges d’expertises.

Une prise en compte politique de la part de l’UE

La marche en avant pour davantage d’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas propre au sport, et s’étend au-delà de nos frontières. L’intérêt de plusieurs institutions, dont l’Union européenne et ses organes, a grandi depuis plusieurs années. D’abord frileuse à adopter une position sur le sport, la Commission européenne a impulsé un véritable débat par le dialogue structuré avec les organisations sportives depuis 2009.

L’adoption en février 2016 d’une Recommandation en faveur de l’égalité des genres dans le sport rappelle ainsi que « l’égalité des genres est un principe fondamental de l’UE reconnu par les Traités » et fixe des objectifs ambitieux à atteindre à l’horizon 2020, et des indicateurs permettant de mesurer l’avancée dans cinq domaines précis : l’égalité de représentation et de genre dans la prise de décision ; l’égalité de représentation et de genre dans le coaching et l’enseignement du sport ; la lutte contre les violences fondées sur le sexe dans le sport ; le rôle du sport dans la prévention des violences fondées sur le sexe et la lutte contre les stéréotypes sexistes négatifs dans le sport et le rôle des médias dans cette perspective.

De son côté, le Conseil de l’Europe, à travers l’action mené au sein de l’Accord Partiel Élargi sur le Sport (APES), vise une approche intégrée de l’égalité entre les hommes et les femmes dans le sport.

Des programmes en faveur du sport féminin

Par l’intermédiaire de son programme de financement Erasmus+ Sport, la Commission européenne a su donner corps aux actions de terrains. Le projet SCORE par exemple (Strengthening Coaching with the Objective to Raise Equality) mené par l’ENGSO (European Non-Governmental Sports Organisation) avec le soutien du Think tank Sport et Citoyenneté, promeut l’égalité des sexes dans le milieu du coaching et se concentre sur l’augmentation du nombre de femmes employées et bénévoles à tous les niveaux dans le sport. Pour ce faire, un « pack de sensibilisation » a été mis en place et un programme de mentorat fut dispensé dans 8 pays européens. D’autres initiatives sont menées grâce au soutien financier de l’UE, visant à encourager la participation sportive des jeunes filles (projet ENDAS), promouvoir le sport féminin (Fondation Alice Milliat) ou encore utiliser le sport pour combattre l’inégalité entre les sexes (projet mené par l’Institut National Roumain de recherche dans le sport).

Culture vs. stratégies

Les graines plantées par les initiatives européennes prennent petit à petit. Les projets se multiplient, allant d’un soutien à la médiatisation des compétitions féminines au renforcement des compétences des bénévoles. Il reste que le développement du sport féminin varie fortement d’un pays à l’autre. La culture, les croyances, les habitudes, les comportements sont autant de facteurs qui bloquent encore le développement du sport pour toutes et tous. Pour avancer, il s’agirait donc de faire œuvre de pédagogie et de patience. C’est l’objectif de la 2e édition des Débats du Sport Solidaire, qui se tiendra le mardi 29 novembre 2016 à Sciences Po Paris, à l’initiative de la Fondation FDJ et avec le soutien du Think tank Sport et Citoyenneté. Son crédo : proposer des témoignages et des solutions pour le développement du sport féminin, en mettant en exergue des projets et des initiatives innovants en la matière. A noter que la Commission européenne, par le biais de son Unité en charge des questions de sport, sera représentée à ce débat. L’occasion de (re)découvrir ses initiatives politiques et les projets qu’elle soutient en faveur du sport féminin.

Les Débats du Sport Solidaire

Conférence « Le sport féminin, ça marche ! »

Mardi 29 novembre 2016 – Sciences Po Paris

Accès libre – Inscription obligatoire

Informations et inscription

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