Sport et Citoyenneté

Article du Parlement européen

Samedi dernier, le coup d’envoi du championnat européen de football, l’Euro 2008, a été donné en Suisse. Avec l’Autriche, le pays helvète s’apprête à accueillir des millions de fans venus soutenir leurs équipes nationales. Cette ferveur sportive est-elle compatible avec la volonté de resserrer les liens européens ? Le football unit-il ou est-ce plutôt le contraire ?

16 équipes s’affronteront dans les stades suisses et autrichiens pour l’Euro 2008. 12 d’entre elles appartiennent à l’Union Européenne, les quatre autres étant
la Croatie,
la Turquie,
la Suisse et
la Russie.

Le football, d’abord l’amour du jeu

Pour beaucoup de députés européens, oui, le football unit. Car comme l’explique le député allemand Thomas Mann (Parti Populaire Européen-Démocrates Européens), « à travers le football, qu’on gagne ou qu’on perde, nous partageons tous l’amour du jeu ».

Pour Jan Andersson (député suédois du Parti Socialiste Européen), « personne ne peut contredire le fait que le football unit et créé des contacts au-delà des frontières ». L’Euro 2008 prend d’ailleurs une teinte très personnelle : « J’ai été président du club de football de Högaborgs en Suède, dont le plus célèbre joueur était Henrik Larsson », explique-t-il. La semaine prochaine, il se rendra donc à Salzburg pour voir son joueur favori sur le terrain, lors du match Suède-Grèce.

Bien sûr, le sport est compétitif, reconnaît néanmoins Ramona Manescu, députée roumaine de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe. Mais « l’Euro 2008 sera l’occasion pour les Européens de visiter l’Autriche et
la Suisse, de se lier à des gens de l’Europe entière et de soutenir leur équipe nationale
».

Soutenir les équipes nationales et, pour le député français Patrick Louis (IND/DEM), en être fier : « les joueurs et les supporters font apparaître la saine fierté nationale et l’honneur d’arborer le maillot ou les symboles nationaux. Passées la déception de la défaite ou l’euphorie de la victoire, demeure le souvenir de moments partagés dans les stades, les bars ou les maisons à vibrer, chanter, crier ou pleurer. »De cette manière, ajoute Roberta Angelilli (députée italienne de l’Union pour l’Europe des Nations), « les citoyens européens peuvent rencontrer leurs opposants et y trouver une raison de sentir leur affiliation européenne ». Néanmoins, « un match de football n’est pas un combat » et la ferveur sportive doit rester sur le terrain du fair-play.

Le député néerlandais Joost Lagendijk (Verts/ALE) nuance ces propos plutôt enthousiastes : « Les championnats européens divisent et unissent en même temps. La plupart des Européens ne s’identifient probablement pas à leur pays comme ils le font lors de ces championnats. » Reconnaissant que lorsqu’il entend l’hymne des Pays-Bas avant un match, il est ému, il conclut par une métaphore : « l’Europe, c’est parfois être ensemble et parfois être séparés et il faut que cela reste comme cela ».

Un Parlement européen engagé contre la violence dans le sport

Le 2 juin, le Parlement européen s’est associé à la campagne des « Voix des Jeunes contre le Racisme » lancée par l’UNESCO et le FC Barcelone pour lutter contre la violence et le racisme dans le sport. Le sport doit au contraire promouvoir la tolérance, le respect mutuel et la solidarité. Un Forum des Jeunes sur ce thème se tiendra entre le 18 et le 20 septembre à Bologne, en Italie.

Les députés européens avaient déjà adopté une résolution condamnant le racisme dans le sport. Car comme la députée Emine Bozkurt (Parti Socialiste Européen) le souligne, « le sport est le miroir de la société, avec ses défauts, mais ses qualités aussi : il offre d’immenses possibilités pour l’intégration sociale ».

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Comments

  1. La coupe de l’UEFA est probablement l’événement le plus intégrateur au sein de l’espace social européen. Il y a quelque chose d’universel qui rassemble au sein de cet événement. Mais paradoxalement, c’est aussi un événement source de divisions (i.e. l’opposition d’une nation contre une autre nation) et peut conduire aux débordements que l’on connaît…

  2. Merci pour la pertinence de votre remarque. Nous avons abordé ces questions d’identité lors de l’atelier “sport et citoyenneté européenne” que nous avons organisé dans le cadre des Etats Généraux de l’Europe (Lyon, 21 juin). Vous pouvez retrouver le compte-rendu de cet atelier sur notre blog.

    Bien cordialement
    L’équipe de Sport et Citoyenneté

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