Sport et Citoyenneté

Sport et Citoyenneté a organisé l’atelier

« Sport et Citoyenneté européenne »

Samedi 21 juin 2008

Au Palais des Congrès de Lyon. Cité Internationale 50, quai Charles de Gaulle

Après le grand succès de Lille en mars 2007, c’est Lyon qui a été choisie par trois associations françaises de promotion de l’Europe : EuropaNova, le Mouvement Européen France et Notre Europe, pour accueillir les 2èmes Etats généraux de l’Europe, le 21 juin 2008, présentés sous le titre « L’Europe, c’est vous ! ».

Ces Etats Généraux qui ont réunis plus de 3000 personnes sont conçus comme un lieu de débats, accessibles au grand public, sur les enjeux européens.

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Le sport comme facteur de construction d’une identité européenne commune : c’est sur la base de ce postulat que s’est ouvert l’atelier « Sport et citoyenneté européenne » en présence de Mme la Députée européenne Emine Bozkurt ; de Mme Marie-Claire Restoux-Gasset, championne olympique de judo et ancienne Conseillère Sport auprès du Président Jacques Chirac ; de M. Colin Miège, administrateur civil et membre du comité scientifique de l’association Sport et Citoyenneté ; de M. Andrzej Rogulski, expert national détaché dans l’unité Sport de la Direction Générale de l’Education et de la Culture de la Commission Européenne ; de M. Jonathan Hill, directeur des bureaux bruxellois de l’UEFA et de M. Thierry Philip, Vice-Président de la Région Rhône-Alpes, Maire du 3ème arrondissement de Lyon et Président de l’Agence pour l’éducation par le sport (APELS).

Le débat était animé par M. Philippe Doucet, journaliste de Canal +.

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Le sport dégage une image paradoxale à l’échelle européenne : la libre-circulation des sportifs professionnels imposée par l’arrêt Bosman a fait du sport en général, et du football en particulier, l’activité sociale et culturelle la plus européanisée. Pour autant, les institutions sportives se plaignent désormais d’une certaine perte d’identité et militent pour la mise en place d’une réglementation plus restrictive en terme de nationalité (la règle du « 6+5 » de la FIFA, la règle du « Home Grown Player » de l’UEFA…).

La place du sport dans la construction d’une identité européenne a toujours été une question essentielle aux yeux des instances communautaires. M. Miège rappelle ainsi que dès 1985, le rapport Adonnino considérait le sport comme un outil majeur dans la construction d’une identité européenne commune. La définition d’un « modèle sportif européen » en 1998 relève de la même logique : promouvoir un système sportif cohérent à l’échelle européenne, dont les fonctions sociales, éducatives ou intégratrices participeraient à la construction d’une citoyenneté européenne.

Les avantages du sport sont en effet nombreux : « l’appartenance à une équipe, les principes tels que le fair-play, le respect des règles du jeu et des autres, la solidarité et la discipline ainsi que l’organisation du sport amateur, qui repose sur des clubs sans but lucratif et le bénévolat, renforcent la citoyenneté active ». Cet extrait du Livre Blanc sur le sport publié par la Commission européenne en juillet 2007 résume parfaitement la place que le sport peut prendre dans la construction d’une identité européenne commune. M. Rogulski rappelle d’ailleurs que le Traité établissant une Constitution pour l’Europe comme le Traité de Lisbonne intégraient le sport aux nouvelles compétences communautaires.

A l’heure actuelle pourtant, le Livre Blanc sur le sport constitue le seul outil à la disposition des instances communautaires pour promouvoir une certaine idée du sport. Un véritable dialogue s’est d’ailleurs institué entre les différentes institutions communautaires (Commission, Parlement) et les acteurs sportifs autour de ce document, et un consensus s’est dégagé autour de l’idée que le sport constitue un instrument des plus efficaces pour l’intégration sociale européenne. Mme Bozkurt rappelle la position du Parlement Européen sur ces questions, notamment au niveau de la lutte contre le racisme et la violence. L’accès au sport doit représenter un véritable droit pour tous les citoyens européens, en dehors de toute considération de race, de couleurs de peau, de nationalité, de religion ou encore de préférence sexuelle. Le Parlement Européen milite ainsi sur la possibilité de répartir certains fonds sociaux européens sur des projets éducatifs de terrain.

L’éducation par le sport représente un point important du modèle sportif européen qu’il convient également de renforcer. M. Philip rappelle ainsi plusieurs pistes de réflexion pour développer cette idée : jumelage des clubs sportifs, travail auprès des jeunes supporters européens, mise en place de championnats intercontinentaux…

M. Hill apporte également plusieurs illustrations concrètes, aussi bien au niveau des compétitions de clubs que celles d’équipes nationales, des actions mises en place par l’UEFA pour promouvoir cette idée.

Mme Restoux-Gasset rappelle que la notion de citoyenneté européenne doit se construire dans la durée avec une nouvelle génération de jeunes européens ayant des valeurs communes. Son passé de sportive de haut niveau lui a toujours permis de se sentir citoyenne européenne engagée sans jamais renier son appartenance à la nation française.

Le débat a été riche et a tourné autours de la notion d’effort qui doit être fait pour renforcer l’idée d’appartenance à une même communauté. La construction d’une citoyenneté européenne passe par la construction d’une histoire commune, par un sentiment d’appartenance à un même groupe social. Et le sport constitue un fait social majeur susceptible de servir cette cause.

Enfin, le danger que le sport, porteur de tant de valeurs, ne soit vu qu’au travers des médias et du prisme économique, a été évoqué. D’où l’intérêt de renforcer son rôle d’outil d’éducation à la vie en société, de respect de l’autre, d’apprentissage de la citoyenneté, d’ouverture à la diversité, d’insertion et d’intégration.

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